Noam Chomsky – Plutonomy and the Precariat

Quelques extraits du dernier livre de Noam Chomsky — Occupy — proposés sur TomDispastch.com.

The Occupy movement has been an extremely exciting development. Unprecedented, in fact. There’s never been anything like it that I can think of. If the bonds and associations it has established can be sustained through a long, dark period ahead — because victory won’t come quickly — it could prove a significant moment in American history.

The fact that the Occupy movement is unprecedented is quite appropriate. After all, it’s an unprecedented era and has been so since the 1970s, which marked a major turning point in American history. For centuries, since the country began, it had been a developing society, and not always in very pretty ways. That’s another story, but the general progress was toward wealth, industrialization, development, and hope. There was a pretty constant expectation that it was going to go on like this. That was true even in very dark times. Lire la suite

Jacob Remes – May Day’s Radical History: What Occupy Is Fighting for This May 1st

American general strikes—or rather, American calls for general strikes, like the one Occupy Los Angeles issued last December that has been endorsed by over 150 general assemblies—are tinged with nostalgia.

The last real general strike in this country, which is to say, the last general strike that shut down a city, was in Oakland, California in 1946—though journalist John Nichols has suggested that what we saw in Madison, Wisconsin last year was a sort of general strike. When we call a general strike, or talk of one, we refer not to a current mode of organizing; we refer back, implicitly or explicitly, to some of the most militant moments in American working-class history. People posting on the Occupy strike blog How I Strike have suggested that next week’s May Day is highly symbolic. As we think about and develop new ways of “general striking,” we also reconnect with a past we’ve mostly forgotten. Lire la suite

François Ruffin – Les graines de l’espoir

Depuis bien longtemps, j’en suis convaincu : nous avons à refaire, en sens inverse, le chemin parcouru par les néo-libéraux dans l’après-guerre.
Eux étaient marginalisés, alors. Même la droite américaine est convertie au keynésianisme. Une poignée d’intellectuels, autour de Hayek, reprend le flambeau. Leur pensée conquiert des universités, des journaux, s’implante chez les Républicains.
En 1964, pour la première fois, c’est un adepte du libéralisme, Barry Goldwater, qui représente ce parti à la présidentielle aux Etats-Unis. Une formidable campagne est alors menée (j’emprunte ici au Grand Bond en arrière, de Serge Halimi) : Lire la suite

Barbara Ehrenreich – The discovery of the poverty

The poor are just people without enough money. But a ‘culture of poverty’ gives the affluent a reason to blame them for it

It’s been exactly 50 years since Americans, or at least the non-poor among them, « discovered » poverty, thanks to Michael Harrington’s engaging book The Other America. If this discovery now seems a little overstated, like Columbus’s « discovery » of America, it was because the poor, according to Harrington, were so « hidden » and « invisible » that it took a crusading leftwing journalist to ferret them out. Lire la suite

Sylvie Laurent — Charles Murray : l’inspirateur américain de Nicolas Sarkozy ?

Préambule : Dans l’imaginaire politique « white » des Etats-Unis, il y a pire que la détestation profonde et ancienne des minorités « black », « latino », « native », … Il y a la révulsion haineuse que provoquent ceux qui sont qualifiés de … « white trash » ! Et il est vrai qu’a priori, ils infirment, en pratique, toutes les  thèses d’une suprématie blanche qu’elle soit, selon le degré de sophistication, raciale ou ethnique ou culturelle. Qu’à cela ne tienne, il suffit de ressortir, avec une violence symbolique nécessairement singulière, une bonne vieille histoire de Q.I. Ce à quoi s’applique Charles Murray, ses épigones et ses lecteurs dans un oubli ordinaire de la genèse contemporaine d’un problème ou d’une question sociale. Jm Ben Adeb
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La sortie sur les écrans cette semaine d’un portrait pour le moins tendre de Margareth Thatcher, alors même qu’un conservatisme musclé crispé sur les «valeurs» s’épanouit de part et d’autre de l’Atlantique, invite à se souvenir de celui qui fut l’un des grands inspirateurs du thatchérisme et qui est peut-être celui du président français aujourd’hui : le politiste Charles Murray, qui signe son grand retour dans le débat public américain avec la parution en ce début d’année de son nouveau livre Coming Apart : The State of White America, 1960-2010 (1). Lire la suite

Peter – Le point sur l' »ObamaCare »

 

« Actuellement, on a le système de santé de loin le plus cher, le plus inefficace, le plus parasitaire, le moins compréhensif, le moins protecteur et le moins égalitaire du Premier Monde ». A la suite du billet, Merry Christmas, les pauvres!, Peter, qui vit à Seattle, a développé dans les commentaires un certain nombre de points (d’écueils, devrait-on dire) sur cette réforme. Afin que tous ceux qui passent par là puissent bénéficier de ces explications claires et instructives, en direct des Etats-Unis, je les inclus dans un billet à part entière.  Lire la suite

Heidi Ewing & Rachel Grady – Dismantling Detroit

Préambule : Le fer, le cuivre et d’autres métaux étaient acheminés depuis le Upper Michigan. Le charbon provenait de Pennsylvanie. Detroit était une très grande ville industrielle. Dans les ruines de ses usines abandonnées, des « scrappers », des jeunes, avec des moyens de fortune et dans des conditions très dangereuses, récupèrent illégalement des métaux qui seront transportés … en Chine. Voici en lien, une vidéo proposée par le New York Times. Lire la suite

Paul Krugman — Où en est le rêve (de Martin Luther King) ?

 » J’ai fait un rêve  » déclara Martin Luther King Jr dans un discours qui n’a rien perdu de sa capacité à inspirer. Et une partie de ce rêve est devenue réalité. Lorsque King s’est exprimé durant l’été 1963, l’Amérique était un pays qui niait les droits fondamentaux de millions de citoyens simplement parce qu’ils possédaient la mauvaise couleur de peau.

Aujourd’hui, le racisme ne fait plus partie intégrante de la loi. Et bien qu’il n’ait en aucun cas été banni du cœur de certains hommes, son influence est bien plus faible que ce qu’elle a été autrefois.

Rappelons l’évidence : si l’on regarde une photo du Président Barack Obama avec son gouvernement, on observe un niveau d’ouverture raciale – et d’ouverture également envers les femmes – qui auraient semblé presque inconcevables en 1963. Alors que nous célébrons l’anniversaire de Martin Luther King, nous avons quelque chose de bien réel à fêter : le mouvement des droits civiques a été l’un des moments les plus glorieux de l’Amérique et il a permis à notre pays d’être davantage en harmonie avec ses propres idéaux.

Cependant, si King pouvait voir l’Amérique aujourd’hui, je pense qu’il serait déçu et qu’il se dirait que son travail est loin d’être terminé. Il rêvait d’un pays dans lequel ses enfants  » ne seraient pas jugés sur la couleur de leur peau mais à l’aune de leur personnalité « . Mais nous sommes en fait devenus un pays qui ne juge pas les gens sur la couleur de leur peau – ou en tous cas pas autant que par le passé – mais sur l’importance de leurs salaires. Et en Amérique, plus que dans la plupart des pays aisés, le montant de votre salaire est en corrélation étroite avec le montant du salaire de votre père.

Au revoir Jim Crow, bonjour le système de classes. Lire la suite

Charles Reeve – Occupy. Cette agaçante interruption du « business as usual »

Les révoltes du printemps arabe ont fait tomber des gouvernements autocratiques, remplacés dans la foulée par des régimes de démocratie parlementaire, dans lesquels les classes dirigeantes ont pu préserver leur pouvoir — confirmant, une fois de plus, la nature commune de ces deux formes de gouvernement des pauvres. Le mouvement des Indignés, lui, propose une critique des systèmes représentatifs. Et cette critique est maintenant reprise et développée, outre-Atlantique, par le mouvement Occupy. Que ces questions soient posées dans la société constituant la clé de voûte du système capitaliste est en soi d’une grande importance.

Chez les Indignés espagnols, les débats se sont centrés, au début, sur la critique de la démocratie représentative, dénoncée comme imparfaite par la tendance majoritaire, comme un leurre par la frange plus radicale. Aux États-Unis, où la sphère politique est davantage perçue comme séparée de la vie sociale, lesOccupiers ont assez peu discuté du fonctionnement du système politique, visant dès le début une remise en question des fondements inégalitaires du système économique, identifiés comme la cause des croissantes injustices sociales et de la destruction du monde (homme et nature) en cours. En opposant les 99 % aux 1 %, ils ont d’emblée touché du doigt la fausse égalité formelle qui est à la base de la démocratie représentative. Lire la suite

Eugene Robinson – Reexamining the myth of no-fault capitalism

From all evidence, the issue of economic justice isn’t going away. Break the news gently to Mitt Romney, who seems apoplectic that the whole “rich get richer, poor get poorer” thing is being discussed out loud. In front of the children, for goodness’ sake.

“You know I think it’s fine to talk about those things in quiet rooms,” he told the “Today” show’s Matt Lauer last week. “But the president has made this part of his campaign rally. Everywhere he goes we hear him talking about millionaires and billionaires and executives and Wall Street. It’s a very envy-oriented, attack-oriented approach.” Lire la suite