David Harvey – « Syriza est un mouvement emblématique pour toute l’Europe ».

David Harvey s’est trouvé en Grèce du 20 au 27 juin dans le cadre de la semaine qui lui était consacrée par les départements de géographie et d’urbanisme de l’université Harokopeion du Pirée. Il a accordé cet entretien, publié le 24 juin 2012, au quotidien grec de Syriza Avghi.

Aux élections du 17 juin, Syriza est arrivé en deuxième position à l’échelle nationale mais il était en tête dans le grand Athènes, le principal centre urbain, où vit un peu moins de la moitié des habitants du pays. Comment expliquez-vous ce résultat compte tenu du fait que la droite était largement en tête dans les quartiers aisés, tandis que les partis centristes, tout comme les couches intermédiaires, se sont affaissés ? Faut-il recourir davantage à la géographie marxiste ?

Oui, il nous faut certainement davantage de géographie marxiste. Je n’ai pas une vision d’ensemble des données démographiques mais, compte tenu de la dynamique de la situation, le plus probable est que les centres urbains soient davantage touchés par la crise que la province, où sans doute une forme d’autosuffisance alimentaire semble possible. Lire la suite

Philippe Marlière – « Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche ». (Entretien avec Stathis Kouvélakis)

Stathis Kouvélakis est maître de conférences en philosophie politique au King’s College de Londres. C’est aussi un intellectuel public bien connu dans les gauches française et grecque. Il a été candidat (en position non-éligible) sur les listes de Syriza lors de l’élection du 6 mai 2012 et l’est de nouveau au prochain scrutin du 17 juin. A quelques jours de nouvelles élections législatives, alors que la plupart des sondages donnent l’avantage à Syriza sur la Nouvelle Démocratie (droite), il apparaît utile d’en savoir plus sur Syriza, une formation de la gauche radicale qui reste relativement méconnue hors de Grèce. Dans cet entretien, Stathis Kouvélakis analyse Syriza et revient sur les origines de cette coalition partisane. Il décrit la sociologie de ses membres et de son électorat, et aborde ses références idéologiques. Il explique les raisons de la percée électorale remarquable de Syriza en mai dernier, ainsi que sa position vis-à-vis de la dette et des partenaires de la zone euro. Lire la suite