Lordon, communiste par inadvertance

L’économiste Frédéric Lordon publie un essai complexe et stimulant. Connu pour ses critiques de la crise du capitalisme, il apparaît sous une facette plus théorique. Il propose une lecture des rapports salariaux incluant les affects et se livre sur son engagement

Vous êtes l’un des rares économistes à faire appel à la philosophie, à la sociologie, à la littérature… Quel est le parcours qui vous a amené à articuler ainsi les disciplines  ?

Frédéric Lordon  : Je suis arrivé à l’économie avec un désir vif, mais vague, d’économie critique, qui s’est instantanément reconnu dans la théorie de la Régulation que l’économiste hétérodoxe Robert Boyer enseignait dans son séminaire à l’EHESS. Inspirée du marxisme, la théorie de la Régulation n’est pas une théorie des marchés mais du capitalisme : comme quoi le seul choix de l’objet de départ change tout à ce qu’on raconte ensuite. Lire la suite

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