Bernard Schwengler – La dette des uns est le patrimoine des autres

Il est relativement courant de pointer du doigt la permanence des déficits publics français depuis trois décennies et l’ampleur de la dette publique qui en résulte. Il est moins fréquent d’aborder cette question du point de vue des excédents et créances privés qui en constituent la contrepartie.

En effet, la contrepartie de la dette publique réside dans l’existence d’une créance privée d’un montant rigoureusement équivalent. De 1981 à 2010 en France, le montant des déficits publics a été équivalent à la capacité de financement (différence entre le revenu et les dépenses) des ménages, soit 3,4 % du produit intérieur brut (PIB) en moyenne annuelle, alors que le besoin de financement des sociétés représentait environ 1 % du PIB. Lire la suite

Henri Pena Ruiz – Un nouveau discours politique a émergé

De lassitude en désespérance, la politique se languissait. On n’y croyait plus. Sous les feux de la rampe, les médias faisaient de leur mieux pour amuser la galerie. Hélas ! à leur insu, ils reproduisaient souvent les poncifs de l’idéologie dominante. La droite avait gagné la bataille des idées : elle avait imposé son langage, ses problématiques, son idéologie. Lire la suite

Agnès Rousseau – Entretien avec Jacques Généreux – Comment financer une révolution sociale et écologique

130 milliards d’euros, tel serait le coût de l’ensemble des mesures que souhaitent mettre en œuvre Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche. Suppression des niches fiscales, augmentation des impôts pour les plus fortunés, emprunt auprès de la Banque de France, mais aussi aide aux PME pour amortir le coût d’un Smic à 1 700 euros… L’économiste du Parti de gauche Jacques Généreux répond à nos interrogations. Lire la suite

C.Landais, T.Piketty et E.Saez – M. Hollande et M. Sarkozy oublient l’inégalité fiscale

Les Français sont préoccupés par leurs impôts, comme le prouve l’intensité des débats suscités par chaque proposition fiscale des deux principaux candidats à l’élection présidentielle. Mais plus que la vigueur des débats, c’est l’énorme sentiment de frustration qu’ils véhiculent qui est préoccupant. Les Français sentent bien qu’ils risquent d’être déçus et qu’en matière de fiscalité, le statu quo a des chances de perdurer. La raison est simple : aucun candidat ne propose de s’attaquer à la racine de nos problèmes fiscaux. Pourtant la solution est simple. Elle est devant nos yeux depuis longtemps : un grand impôt unique progressif sur tous les revenus et prélevé a la source. Lire la suite

Philippe Askenazy – Trop de riches tue l’impôt


Le débat d’entre deux tours de la présidentielle en Finlande, un des rares pays européens à élire un président puissant au suffrage universel direct, comme nous, est dominé par la question de la solidarité européenne. Même fortement attachés à l’euro, les Finlandais s’interrogent sur leur participation à l’aide aux pays du sud de l’Europe qui peut ébranler leur triple A. Déjà effective pour la Grèce ou l’Irlande, une aide éventuelle à l’Italie, voire un jour à la France, apparaît bien moins légitime. Si l’économie finlandaise bénéficie amplement du marché européen, la solidarité doit-elle s’étendre à des pays riches, mais incapables de maintenir leurs comptes publics ? De fait, la Finlande, malgré un produit intérieur brut (PIB) par habitant un tiers supérieur à celui de l’Italie, n’est pas aussi riche que l’Italie. Par richesse, j’entends ici le patrimoine net disponible de l’Etat et de la population. Comment arriver à ce constat ? Lire la suite

Christiane Marty – Le quotient familial, un coûteux privilège de classe

 

La version pdf de ce texte (avec ses schémas) est accessible à la fin de l’article.

La nécessité d’une réforme fiscale est de plus en plus portée dans le débat public. Le système fiscal actuel est en effet critiquable de nombreux points de vue, les principaux reproches concernant son injustice et son illisibilité. Notamment l’impôt sur le revenu, en théorie pourtant le plus juste du fait de sa progressivité (le taux d’imposition croît avec le revenu) ne peut pas être considéré comme satisfaisant. Outre le fait que sa part dans les recettes fiscales globales diminue régulièrement depuis deux décennies, avec en contrepartie la montée en puissance d’impôts plus injustes car proportionnels, l’impôt sur le revenu est de moins en moins progressif, envahi de « niches fiscales » et il comporte des dispositifs qui doivent être interrogés. C’est en particulier le cas du quotient familial, et ce thème a surgi début 2012 sur la scène politique. On peut regretter a priori que le débat sur la fiscalité arrive par cet aspect. Mais à l’examen, on constate qu’il permet de discuter des objectifs que la société se donne pour la fiscalité, la politique familiale, de mettre en évidence la nature des choix politiques à trancher.

Le quotient familial : un enfant de famille riche rapporte plus qu’un enfant de famille pauvre… Lire la suite

Denis Clerc – Crédit d’impôt plutôt que quotient familial : une sacrée bonne idée !

Il faut une sacrée dose de mauvaise foi pour prétendre que le remplacement du quotient familial au profit d’un crédit d’impôt par enfant serait une « folie », comme l’estime l’actuel Président de la République, ou « coup de massue pour les classes moyennes », comme l’avance Valérie Pécresse. Lire la suite