Ugo Mattei – Rendre inaliénables les biens communs

Lorsqu’un Etat privatise une voie ferrée, une ligne de transport aérien ou un hôpital, qu’il cède la distribution d’eau potable ou vend des universités, il exproprie la communauté d’une partie de ses biens ; une expropriation symétrique à celle qu’il réalise sur la propriété privée lorsqu’il souhaite construire une route ou tout autre ouvrage public. Dans un processus de privatisation, le gouvernement vend quelque chose qui n’est pas à lui, mais qui appartient proportionnellement à chacun des membres de la communauté, de la même manière que, lorsqu’il saisit un champ pour construire une autoroute, il acquiert par la coercition une propriété qui n’est pas la sienne.

Cela revient à dire que toute privatisation décidée par l’autorité publique — représentée par le gouvernement du moment — prive chaque citoyen de sa quote-part du bien commun, comme dans le cas d’une saisine de bien privé. Mais avec une différence de taille : la tradition constitutionnelle libérale protège le propriétaire privé de l’Etat bâtisseur, en instituant l’indemnisation pour expropriation, alors qu’aucune disposition juridique, et encore moins constitutionnelle, ne protège de l’Etat néolibéral lorsqu’il transfère au privé des biens appartenant à la collectivité. Lire la suite

Emmanuel Jaffelin – Pourquoi Harvard ne fait pas rêver ?

Je vois dans l’admiration sans borne que vouent certains à cette machine à diplômes une absence de recul inquiétante. Certes, les lauriers ne manquent pas à cette université privée qui est aussi la plus riche au monde, mais il faut rappeler que le laurier aime à pousser sur le fumier. Lire la suite

Partenariat Public-Privé : Une bombe à retardement ?

Préambule : Faute d’une Caisse des Dépôts & Consignations suffisamment puissante, et dans le meilleur des mondes néo-libéral, les collectivités locales ont dû, pour faire face à leurs dépenses (parfois somptuaires, mais pas toujours), recourir auprès des banques, à des emprunts qui ont pu s’avérer « toxiques ». Entendre ici, que le service de la dette va exploser. Lorsque les banques ne prêtent plus ou pas assez, l’Etat, pour ses commissariats, ses hôpitaux et les collectivités locales recourent également aux Partenariats Public-Privé. Si l’on observe l’exemple britannique, ils pourraient être l’autre bombe financière à retardement. Lire la suite

Les mauvaises affaires des partenariats public-privé

Préambule : Ah ! La rationalité, l’efficacité et la belle transparence de l’entreprise privée en regard de la bureaucratie étatique ! Ce n’était pourtant pas très difficile à prévoir ! Jm BA

Lignes à grande vitesse, travaux du Grand Paris, centre hospitalier sud-francilien (Corbeil-Essonnes), rénovations de campus universitaires : pour financer les grandes infrastructures publiques, l’Etat, les collectivités territoriales et les établissements publics sollicitent de plus en plus le secteur privé, dans le cadre de partenariats public-privé (PPP). Pour les entreprises privées appelées à participer, c’est la bonne affaire. En revanche, pour l’Etat, les collectivités locales et les contribuables, ce mode de financement constitue un piège, indique, lundi 9 janvier, Le Parisien. Lire la suite