David Harvey – « Syriza est un mouvement emblématique pour toute l’Europe ».

David Harvey s’est trouvé en Grèce du 20 au 27 juin dans le cadre de la semaine qui lui était consacrée par les départements de géographie et d’urbanisme de l’université Harokopeion du Pirée. Il a accordé cet entretien, publié le 24 juin 2012, au quotidien grec de Syriza Avghi.

Aux élections du 17 juin, Syriza est arrivé en deuxième position à l’échelle nationale mais il était en tête dans le grand Athènes, le principal centre urbain, où vit un peu moins de la moitié des habitants du pays. Comment expliquez-vous ce résultat compte tenu du fait que la droite était largement en tête dans les quartiers aisés, tandis que les partis centristes, tout comme les couches intermédiaires, se sont affaissés ? Faut-il recourir davantage à la géographie marxiste ?

Oui, il nous faut certainement davantage de géographie marxiste. Je n’ai pas une vision d’ensemble des données démographiques mais, compte tenu de la dynamique de la situation, le plus probable est que les centres urbains soient davantage touchés par la crise que la province, où sans doute une forme d’autosuffisance alimentaire semble possible. Lire la suite

James K. Galbraith – Mais qui sont donc ces économistes ?

« Bien entendu, il y avait quelques économistes qui contestaient l’idée d’un comportement rationnel et se demandaient si l’on pouvait réellement faire confiance aux marchés, se référant au temps long des crises financières aux conséquences économiques dévastatrices. Mais ils nageaient à contre-courant, incapables de se faire entendre face à une complaisance largement répandue, et qui rétrospectivement nous paraît stupide ».

Paul Krugman, New York Times Magazine, 6 septembre 2009.

Amen. Bien qu’il soit d’usage de placer ce mot à la fin d’une prière, il m’a semblé approprié cette fois-ci de le faire figurer en tête. En deux phrases, Paul Krugman, Prix Nobel d’économie 2008 et à certains égards l’un des plus importants économistes de notre temps, a bien résumé ce que l’on peut considérer comme l’échec d’une époque, tant sur le plan de la pensée économique que sur celui de la politique économique. Lire la suite

Bernard Schwengler – La dette des uns est le patrimoine des autres

Il est relativement courant de pointer du doigt la permanence des déficits publics français depuis trois décennies et l’ampleur de la dette publique qui en résulte. Il est moins fréquent d’aborder cette question du point de vue des excédents et créances privés qui en constituent la contrepartie.

En effet, la contrepartie de la dette publique réside dans l’existence d’une créance privée d’un montant rigoureusement équivalent. De 1981 à 2010 en France, le montant des déficits publics a été équivalent à la capacité de financement (différence entre le revenu et les dépenses) des ménages, soit 3,4 % du produit intérieur brut (PIB) en moyenne annuelle, alors que le besoin de financement des sociétés représentait environ 1 % du PIB. Lire la suite

Paul Krugman : We Could End This Depression Right Now

The central message of Paul Krugman’s new book, End This Depression Now! is simple: It doesn’t have to be like this. No external dynamic is keeping unemployment at more than 8 percent and consigning a generation of young workers to an economy in which risk is plentiful and opportunities scarce. It is only a failure of political will — and an almost universal embrace of conservative voodoo economics – that is keeping us mired in this dark economic moment.

Of the 2009 stimulus, Krugman writes, “Those who had more or less the right ideas about what the economy needed, including President Obama, were timid, never willing either to acknowledge just how much action was required or to admit later on that what they did in the first round was inadequate.” Instead of treating the dismal jobs picture as a crisis requiring their full attention, Washington “pivoted” to talking about the deficit – a phantom menace — at precisely the wrong time. “People with the wrong ideas,” Krugman writes, “were vehement and untroubled by self-doubt.”

This week, Paul Krugman appeared on the AlterNet Radio Hour to discuss his book. Below is a lightly edited transcript of the conversation (you can listen to the entire show here): Lire la suite

Jm Ben Adeb – Porque apenas si nos dejan decir que somos quien somos …

«Claude François et Mélenchon, c’est la grande nostalgie : les années 70, les drapeaux rouges, on va tout renverser… Mais arrêtez arrêtez ! » s’est écrié Dany Cohn-Bendit, avec sa fougue habituelle. Il y a peu, Plantu mettait, dans une soupe «populiste», un signe d’égalité entre Méluch’ et Marine Le Pen. Puis est venu le tour de Dany l’ex-Rouge d’établir, dans un cloaque nostalgique, une équivalence entre Méluch’ et Claude François. Des humeurs. Des humeurs tristes dont nous pourrions tenter d’interroger la source. De quel poil à gratter Mélcuh’ serait-il devenu le pourvoyeur, généreux au point de susciter une égale ire aussi bien chez des dirigeants du Parti Socialiste et des Verts que chez ceux … du NPA ?

«… porque apenas si nos dejan decir que somos quien somos …» Gabriel Celaya

Des drapeaux rouges … Lire la suite

Jeff Madrick – How austerity is killing Europe

On the last day of 2011, a headline in The Wall Street Journal read: “Spain Misses Deficit Target, Sets Cuts.” The cruel forces of poor economic logic were at work to welcome in the new year. The European Union has become a vicious circle of burgeoning debt leading to radical austerity measures, which in turn further weaken economic conditions and result in calls for still more damaging cuts in government spending and higher taxes. The European debt crisis began with Greece, and that nation remains the European Union’s most stricken economy. But it has spread inexorably to Ireland, Portugal, Italy, and Spain, and even threatens France and possibly the UK. It need not have done so. Rarely do we get so stark an example of bad—arguably even perverse—economic thinking in action. Lire la suite

Evolution du taux de croissance du PIB

Voici deux  graphiques proposés par Olivier Berruyer.

Les politiques keynésiennes — véritable substrat d’une réelle social-démocratie — avaient autorisé non seulement des taux de croissance de plus de 4% mais également un puissant développement socio-économique. Un peu avant ou après le milieu des années 70, elles sont abandonnées au profit des politiques monétaristes — Raymond Barre, en 1976 —. Celles-ci auront pour conséquences, des taux de croissance ridiculement bas, un chômage massif et une régression sociale. Lire la suite