Bernard Schwengler – La dette des uns est le patrimoine des autres

Il est relativement courant de pointer du doigt la permanence des déficits publics français depuis trois décennies et l’ampleur de la dette publique qui en résulte. Il est moins fréquent d’aborder cette question du point de vue des excédents et créances privés qui en constituent la contrepartie.

En effet, la contrepartie de la dette publique réside dans l’existence d’une créance privée d’un montant rigoureusement équivalent. De 1981 à 2010 en France, le montant des déficits publics a été équivalent à la capacité de financement (différence entre le revenu et les dépenses) des ménages, soit 3,4 % du produit intérieur brut (PIB) en moyenne annuelle, alors que le besoin de financement des sociétés représentait environ 1 % du PIB. Lire la suite

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Laurent Cordonnier – Dette publique, la conjuration des bonnes idées

En s’accordant, lors du sommet européen du 9 décembre 2011, sur un nouveau pacte budgétaire intergouvernemental, les chefs d’Etat européens ne se sont pas seulement entendus sur une condamnation des peuples de l’Union aux fers et aux chaînes de la rigueur perpétuelle, ils ont aussi pactisé sur le renoncement à deux idées qui faisaient leur chemin : faire payer les banques, comme l’avait défendu l’Allemagne pour traiter du cas de la Grèce, et encourager la Banque centrale européenne (BCE) à racheter les titres de dette des pays attaqués, comme le souhaitait la France. Donnant-donnant : il fut convenu de ne plus embêter son voisin avec une idée qui le dérangeait. Sans doute aussi qu’en fermant à clé les issues de secours, les uns et les autres pensaient apaiser les flammes de l’incendie. Les issues se rouvriront certainement sous le souffle de l’explosion. Lire la suite

André Orléan – Quel rôle pour les banques centrales ?

Dans le cadre des économies développées, un acteur est spécialement outillé pour s’opposer aux marchés financiers et à leurs estimations : les banques centrales. Elles sont supposées intervenir pour aider des institutions qui, bien que solvables, se trouvent mises en difficulté du fait des défaillances des marchés. C’est ce qu’on nomme la doctrine du « prêteur en dernier ressort ». Cette doctrine reconnaît aux banques centrales, au moment des crises, un pouvoir d’évaluation autonome. Alors que le marché juge telle institution financière insolvable et refuse de lui prêter, la banque centrale la soutient au nom d’une évaluation contraire. Lire la suite