David Harvey – « Syriza est un mouvement emblématique pour toute l’Europe ».

David Harvey s’est trouvé en Grèce du 20 au 27 juin dans le cadre de la semaine qui lui était consacrée par les départements de géographie et d’urbanisme de l’université Harokopeion du Pirée. Il a accordé cet entretien, publié le 24 juin 2012, au quotidien grec de Syriza Avghi.

Aux élections du 17 juin, Syriza est arrivé en deuxième position à l’échelle nationale mais il était en tête dans le grand Athènes, le principal centre urbain, où vit un peu moins de la moitié des habitants du pays. Comment expliquez-vous ce résultat compte tenu du fait que la droite était largement en tête dans les quartiers aisés, tandis que les partis centristes, tout comme les couches intermédiaires, se sont affaissés ? Faut-il recourir davantage à la géographie marxiste ?

Oui, il nous faut certainement davantage de géographie marxiste. Je n’ai pas une vision d’ensemble des données démographiques mais, compte tenu de la dynamique de la situation, le plus probable est que les centres urbains soient davantage touchés par la crise que la province, où sans doute une forme d’autosuffisance alimentaire semble possible. Lire la suite

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Michel Butel – Faisons l’Histoire

Dans la politique, il y a du contradictoire. Pour aller au simple (aux priorités), il faut inventer un chemin, cela perturbe.

Il fallait que la droite perde la présidentielle. Il aurait fallu que ce ne soit pas l’état-major du parti socialiste qui arrive au pouvoir. Il vaudrait mieux que le président de la République soit un homme inspiré.

Il aurait fallu qu’il parle une belle langue. Il aurait fallu que les vainqueurs de cette élection reconnaisse que sans la loyauté totale de Jean-Luc Mélenchon, Sarkozy restait au pouvoir. Il faudrait que les socialistes et leurs quasi-affidés écologistes fassent entendre aux ouvriers, aux jeunes, aux chômeurs, aux misérables, aux humiliés, une voix sincère qui assure que leur sera prêtée une attention réelle, qui leur prouve que tout sera mis en oeuvre pour les protéger des offenses et des supplices qui leur sont faits. Lire la suite

Catastroïka – Documentaire Infowar

« Les créateurs du Debtocracy , le documentaire vu par plus de 2 millions de spectateurs, reviennent avec une nouvelle production. CATASTROÏKA cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.

Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROÏKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s΄applique à un pays sous surveillance économique… » Fondation Copernic


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Philippe Marlière – « Syriza est l’expression d’une nouvelle radicalité à gauche ». (Entretien avec Stathis Kouvélakis)

Stathis Kouvélakis est maître de conférences en philosophie politique au King’s College de Londres. C’est aussi un intellectuel public bien connu dans les gauches française et grecque. Il a été candidat (en position non-éligible) sur les listes de Syriza lors de l’élection du 6 mai 2012 et l’est de nouveau au prochain scrutin du 17 juin. A quelques jours de nouvelles élections législatives, alors que la plupart des sondages donnent l’avantage à Syriza sur la Nouvelle Démocratie (droite), il apparaît utile d’en savoir plus sur Syriza, une formation de la gauche radicale qui reste relativement méconnue hors de Grèce. Dans cet entretien, Stathis Kouvélakis analyse Syriza et revient sur les origines de cette coalition partisane. Il décrit la sociologie de ses membres et de son électorat, et aborde ses références idéologiques. Il explique les raisons de la percée électorale remarquable de Syriza en mai dernier, ainsi que sa position vis-à-vis de la dette et des partenaires de la zone euro. Lire la suite

Collectif – Gauche grecque et Europe démocratique

 

Dans l’enchaînement d’événements qui ont jeté la Grèce au fond du gouffre, chacun sait que les responsabilités des partis au pouvoir depuis 1974 sont écrasantes. Ils n’ont pas seulement bénéficié de la corruption et des privilèges, ils en ont fait bénéficier largement les fournisseurs et les créanciers de la Grèce. On pourrait s’étonner, dans ces conditions, que les dirigeants européens et le FMI, transformés en parangons de vertu et de rigueur, s’emploient à ramener au pouvoir ces mêmes partis faillis et déconsidérés, dénonçant le «péril rouge» incarné par Syriza et promettant de couper les vivres si les nouvelles élections du 17 juin confirment le rejet du «Mémorandum». Cette ingérence n’est pas seulement contradictoire avec les règles démocratiques, ses conséquences sont dramatiques pour notre avenir commun. Lire la suite

Chris Hedges – Northern Light

I gave a talk last week at Canada’s Wilfrid Laurier University to the Congress of the Humanities and Social Sciences. Many in the audience had pinned small red squares of felt to their clothing. The carre rouge, or red square, has become the Canadian symbol of revolt. It comes from the French phrase carrement dans le rouge, or “squarely in the red,” referring to those crushed by debt. Lire la suite

Vicky Skoumbi – En Grèce, la théorie des deux extrêmes

Les résultats des élections en Grèce ont été présentés par certains médias français comme une montée des partis situés aux deux extrémités de l’échiquier politique. Des partis qui bien qu’équidistants constitueraient par leur discours un «front du refus» à l’Europe. Cet amalgame ahurissant entre l’Aube Dorée – un parti néonazi dont plusieurs membres sont en attente de jugement pour agressions criminelles – et Syriza – la coalition de gauche radicale – semble plus qu’une simple erreur d’appréciation, de jugement ou de terminologie. Désigner Syriza comme un «pendant gauchiste» de L’Aube Dorée est à la fois un acte de délégitimation politique et d’occultation de la vision pro-européenne qui est la sienne. Mais c’est également une tentative d’étouffer, en la minorant, l’irruption sur le devant de la scène politique grecque d’une gauche décidée et engagée, à mille lieux de la soi-disant gauche du Pasok et de ses réformes néolibérales. En fait, Syriza, loin de constituer une menace pour la démocratie et l’Europe, s’attaque, de plein fouet, à leur évidente subordination au système financier. Lire la suite