Michel Butel – Faisons l’Histoire

Dans la politique, il y a du contradictoire. Pour aller au simple (aux priorités), il faut inventer un chemin, cela perturbe.

Il fallait que la droite perde la présidentielle. Il aurait fallu que ce ne soit pas l’état-major du parti socialiste qui arrive au pouvoir. Il vaudrait mieux que le président de la République soit un homme inspiré.

Il aurait fallu qu’il parle une belle langue. Il aurait fallu que les vainqueurs de cette élection reconnaisse que sans la loyauté totale de Jean-Luc Mélenchon, Sarkozy restait au pouvoir. Il faudrait que les socialistes et leurs quasi-affidés écologistes fassent entendre aux ouvriers, aux jeunes, aux chômeurs, aux misérables, aux humiliés, une voix sincère qui assure que leur sera prêtée une attention réelle, qui leur prouve que tout sera mis en oeuvre pour les protéger des offenses et des supplices qui leur sont faits. Lire la suite

Henri Pena Ruiz – Un nouveau discours politique a émergé

De lassitude en désespérance, la politique se languissait. On n’y croyait plus. Sous les feux de la rampe, les médias faisaient de leur mieux pour amuser la galerie. Hélas ! à leur insu, ils reproduisaient souvent les poncifs de l’idéologie dominante. La droite avait gagné la bataille des idées : elle avait imposé son langage, ses problématiques, son idéologie. Lire la suite

Jean-Marie Harribey – En mi mineur : Entendez-vous dans la campagne?

La plupart des commentateurs de la campagne présidentielle ont dit qu’elle fut fade, inintéressante et ne posant pas les vrais problèmes. En particulier, il fut de bon ton de déplorer que l’écologie fut absente. Et tous les bien-pensants du productivisme ou de la relance de la croissance de rivaliser dans le versement de larmes de crocodile. Même parmi nos amis. Jusqu’à expliquer le faible score d’Eva Joly au premier tour par le fait qu’elle aurait peu porté le message de l’écologie. De même, l’emploi, le chômage, le travail, la répartition des revenus auraient été délaissés. Donc écologie et social auraient été abandonnés en rase… campagne. On a même entendu certains candidats de droite (notamment Sarkozy et Bayrou) accuser tous les candidats de gauche d’ignorer la crise, sans qu’aucun journaliste n’esquisse la question : « Quelle crise ? La vôtre ? Celle du système dont vous êtes l’apôtre et dont vous voulez assurer la pérennité ? » Ces diagnostics sont faux et ils révèlent tous les impensés des auteurs de ces commentaires. Lire la suite

François Ruffin – Les graines de l’espoir

Depuis bien longtemps, j’en suis convaincu : nous avons à refaire, en sens inverse, le chemin parcouru par les néo-libéraux dans l’après-guerre.
Eux étaient marginalisés, alors. Même la droite américaine est convertie au keynésianisme. Une poignée d’intellectuels, autour de Hayek, reprend le flambeau. Leur pensée conquiert des universités, des journaux, s’implante chez les Républicains.
En 1964, pour la première fois, c’est un adepte du libéralisme, Barry Goldwater, qui représente ce parti à la présidentielle aux Etats-Unis. Une formidable campagne est alors menée (j’emprunte ici au Grand Bond en arrière, de Serge Halimi) : Lire la suite

José Fontaine – La France est une part de l’espérance humaine (Québec)

Avant d’en venir aux élections présidentielles françaises de demain – et surtout aux résultats de Mélenchon – , je dois parler d’une rencontre, celle de la Secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la Pauvreté, déjà interviewée en 2006, Christine Mahy.. Cet organisme est parfois invité au moins à des réunions de bureau du Conseil économique wallon qui réunit les représentants des patrons, des syndicats, des indépendants et des agriculteurs. Dans l’interview qu’elle m’a donnée (et qui sera publiée la semaine prochaine), Christine me donne les raisons qu’elle a de penser que les pauvres sont des personnes privées durablement de certains éléments importants sans lesquels la vie humaine devient un enfer (la possibilité de se déplacer, de l’espace, un emploi, un domicile ou du moins un toit, l’accès à une certaine culture, un certain savoir etc.). En être privé affaiblit à un tel point qu’il faut y suppléer par des efforts considérables en vue de garder le minimum de dignité humaine. C’est à quoi s’emploient les pauvres qui sont plutôt moins « assistés » que les entreprises, que les riches, que même le Wallon moyen. Cette énergie extraordinaire, cette résistance, au lieu d’être gâchée dans le cadre étriqué du combat pour la survie quotidienne, gagnerait à pouvoir être utilisée au bénéfice de la collectivité wallonne qui tente de se restaurer sur les ruines d’industries aujourd’hui dépassées. « Les pauvres sont des battants », me dit-elle encore. Lire la suite

Philippe Marlière – Jean-Luc Mélenchon’s policies are no far-left fantasy

No wonder the Left Front candidate is on the rise in France. He offers practical solutions where neoliberalism has failed.

Superbly ignored by the media until recently, Jean-Luc Mélenchon is the new flavour of the day in the French presidential campaign. In truth, while trying to account for his dramatic rise in the polls – latest reports put him at 17% of the vote – most commentators could not help pour scorn on the Left Front candidate. Lire la suite

Mark Weisbrot – Jean-Luc Mélenchon has what France needs. Sarkozy and Hollande do not