Catastroïka – Documentaire Infowar

« Les créateurs du Debtocracy , le documentaire vu par plus de 2 millions de spectateurs, reviennent avec une nouvelle production. CATASTROÏKA cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.

Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROÏKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s΄applique à un pays sous surveillance économique… » Fondation Copernic


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Philippe Marlière – La social-démocratie face à la crise de la zone euro

Interview à paraître dans la revue Synchrona Themata (Grèce) en juin 2012. Numéro spécial consacré à la social-démocratie face à la crise de la zone euro.

Synchrona Themata  :  Depuis les années 1990, l’introduction de l’Union économique et monétaire européenne liée à une discipline monétaire et budgétaire strictement «orthodoxe», a imposé de fortes contraintes sur les politiques économiques et sociales chères à la social-démocratie européenne. Les sociaux-démocrates en Europe ont même pris le risque de rompre de façon permanente avec le noyau ouvrier de leur électorat. Comment expliquez-vous cela? Croyez-vous qu’il y avait une voie différente pour les sociaux-démocrates? Lire la suite

F.Cusset, T.Labica et V.Rauline – Néolibéralisme, pourquoi tu nous tiens?

On reconnaît les esprits libres à leur perplexité. A leur incrédulité face au purisme ostentatoire, leur scepticisme critique devant les déclarations univoques, les assertions trop entières, faites la main sur le cœur comme si l’on n’avait rien à voir avec cela même qu’on dénonce haut et fort. Dans la fièvre des années 1968, on abusait gaiement du terme de «fasciste», qu’on se renvoyait à la figure à tout bout de champ, des «CRS SS» aux «collabos» du Parti Communiste. Un conformisme de langage, et une dévaluation de ce mot et de ses enjeux historiques, auxquels le psychanalyste et philosophe Félix Guattari, esprit libre entre tous, aimait à opposer son scepticisme schizoïde à lui, un brin provocateur: le mot de fascisme n’a d’intérêt, répétait-il, ni comme nom d’oiseau ni comme relique historique, mais à partir du moment où l’on prend le risque de l’interroger subjectivement, de le chercher et de le reconnaître en nous, à travers nous, ce fascisme intérieur qui anime le petit individu (dogmatique ou pas) du monde contemporain, plus dangereux et pernicieux que celui des chemises brunes –ce fascisme en nous, écrivait-il, «qui nous fait aimer le pouvoir, désirer cette chose même qui nous domine et nous exploite».

Il serait grand temps de faire de même avec le mot de «néolibéralisme», qui a, quarante ans plus tard, un peu la même fonction que celui de «fascisme» au sortir des années 1960: renvoyer à une entité vague et mal dégrossie qu’on peut associer au Mal, s’en déclarer indemne, pur, extérieur, l’employer en toutes occasions pour s’entourer toujours d’une ligne de protection, d’une frontière dont on détient les clés, en-deçà de laquelle ça pense et ça résiste, et au-delà de laquelle ça consomme et ça se trompe, ça se vautre dans l’illusion rationnelle et dans le cynisme des marchés. Lire la suite

Bernard Stiegler – Ces abominables tueries peuvent s’expliquer par la dérive de nos sociétés

 

On entend dire, après l’effroyable affaire Merah, que le monstrueux ne connaît pas d’explications. C’est ce qu’a soutenu le rabbin Gilles Bernheim dans Libération, et c’est ce qu’a redit Henri Guaino sur France Culture. Leibniz soutenait au contraire que la conception rationnelle du monde consiste à poser que toute chose a sa raison, c’est-à-dire sa cause – y compris les choses les plus déraisonnables, folles et meurtrières.

Comme le savait Goya, c’est le sommeil de la raison qui engendre les monstres, et c’est encore plus vrai dans le monde contemporain que caractérise l’hyperpuissance des moyens – revolvers 11.43, webcams, médias de masse, robots financiers – et l’impuissance des fins, c’est-à-dire leur perte, qui, faisant perdre aussi la raison, favorise les passages à l’acte en tous genres que provoque une constante excitation de la pulsion de destruction dans un monde devenu lui-même intrinsèquement et tragiquement pulsionnel. Lire la suite

Michael Hudson – Europe’s Deadly Transition From Social Democracy to Oligarchy

The easiest way to understand Europe’s financial crisis is to look at the solutions being proposed to resolve it. They are a banker’s dream, a grab bag of giveaways that few voters would be likely to approve in a democratic referendum. Bank strategists learned not to risk submitting their plans to democratic vote after Icelanders twice refused in 2010-11 to approve their government’s capitulation to pay Britain and the Netherlands for losses run up by badly regulated Icelandic banks operating abroad. Lacking such a referendum, mass demonstrations were the only way for Greek voters to register their opposition to the €50 billion in privatization sell-offs demanded by the European Central Bank (ECB) in autumn 2011. Lire la suite

Gilles Raveaud – La victoire du constitutionnalisme économique

Les projets actuels d’inscription des règles d’équilibre budgétaire dans les Constitutions des pays membres de la zone euro ne sont pas seulement la conséquence de la crise : approfondissant la logique du traité de Maastricht, ils font écho aux théories économiques qui ont balayé le keynésianisme à partir des années 1970.

La théorie économique a connu un changement d’orientation brutal au cours des années 1970 : la crise économique de l’époque va conduire à la contestation radicale des idées keynésiennes, jusqu’à alors dominantes. Lire la suite

Jean Gadrey – Larry Summers, ou pourquoi il faut dire « dégage ! » à certains économistes

Ce texte peut être lu comme la suite de mon billet du 21 novembre (Occupy economics !), ou indépendamment. Un bon exemple de l’économie de propagande fondée sur des théories économiques proprement inhumaines est celui de l’un des plus influents économistes depuis 20 ans, Lawrence (Larry pour les intimes) Summers. Il fut conseiller économique de Ronald Reagan de 1982 à 1983, chef économiste de la Banque mondiale de 1991 à 1993, Secrétaire au Trésor des États-Unis de 1999 à 2001 dans l’administration Clinton. Membre de l’équipe de transition de Barak Obama, ce dernier l’a ensuite choisi comme le chef du Conseil économique national. Lire la suite