Michael Hudson – Europe’s Deadly Transition From Social Democracy to Oligarchy

The easiest way to understand Europe’s financial crisis is to look at the solutions being proposed to resolve it. They are a banker’s dream, a grab bag of giveaways that few voters would be likely to approve in a democratic referendum. Bank strategists learned not to risk submitting their plans to democratic vote after Icelanders twice refused in 2010-11 to approve their government’s capitulation to pay Britain and the Netherlands for losses run up by badly regulated Icelandic banks operating abroad. Lacking such a referendum, mass demonstrations were the only way for Greek voters to register their opposition to the €50 billion in privatization sell-offs demanded by the European Central Bank (ECB) in autumn 2011. Lire la suite

Jean-Pierre Pagé – Le grand égarement de l’austérité

De plus en plus, le « monde occidental » semble se fourvoyer et s’engager dans une impasse. Pendant les deux dernières décennies, les pays de l’Occident se sont endettés déraisonnablement jusqu’à ce que la crise sonne la fin de la récréation. Depuis lors, s’est enclenché un processus de recherche de la réduction de ces dettes sous le diktat des agences de notation et la pression des marchés. Sommés de toutes parts de réagir, menacés de voir leur « note » faire l’objet d’une dégradation et, avec celle-ci, leur possibilité de rembourser leur dette anéantie, les pays de la zone euro ont entrepris, tous en même temps, de ramener leurs comptes à l’équilibre, principalement au moyen de coupes dans leurs dépenses publiques censées, selon l’idéologie dominante, être plus efficaces que les hausses d’impôts. Lire la suite

Jean Marie Harribey – Crise de la dette ou dette de la crise ?

Il est certain que Georges Papandréou se serait épargné l’humiliation que lui ont fait subir de manière honteuse Merkel et Sarkozy s’il avait soumis à référendum les plans d’austérité il y a deux ans et non pas en catastrophe maintenant. Et surtout il aurait peut-être épargné à son peuple nombre de désagréments. Pour ce qui concerne Merkel et Sarkozy, leur arrogance de puissants en dit long sur leur cynisme et leur mépris de la démocratie. Il faut bien ça pour éviter d’avoir à reconnaître que ce sont les politiques néolibérales qui ont mené à la crise, la Grèce n’ayant finalement fait qu’appliquer jusqu’au bout le précepte en vogue partout : faire reculer l’impôt à tout prix, surtout celui des riches, de telle sorte que ceux-ci puissent prêter aux États, et amorcer ainsi l’engrenage de la dette.

La monnaie et la dette sont au cœur de l’extraordinaire crise que connaît le capitalisme mondial depuis plus de quatre ans. La finance ayant pris le pouvoir avec la bénédiction de tous les gouvernements pour imposer la « valeur pour l’actionnaire », les classes dominantes ont cru trouver la parade à la crise de suraccumulation du capital (tous les secteurs productifs sont en surcapacité de production), d’une part en développant une gigantesque spirale spéculative, d’autre part en palliant la stagnation des salaires par l’endettement. La catastrophe ne pouvait que survenir : partie du secteur de l’immobilier aux États-Unis, elle a gagné le secteur bancaire et financier, puis toute l’économie qui est entrée en récession ou stagnation, provoquant ainsi un accroissement des déficits publics. L’Union européenne et la zone euro, qui devaient être des remparts, ont été des bombes à retardement.

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