James K. Galbraith – Mais qui sont donc ces économistes ?

« Bien entendu, il y avait quelques économistes qui contestaient l’idée d’un comportement rationnel et se demandaient si l’on pouvait réellement faire confiance aux marchés, se référant au temps long des crises financières aux conséquences économiques dévastatrices. Mais ils nageaient à contre-courant, incapables de se faire entendre face à une complaisance largement répandue, et qui rétrospectivement nous paraît stupide ».

Paul Krugman, New York Times Magazine, 6 septembre 2009.

Amen. Bien qu’il soit d’usage de placer ce mot à la fin d’une prière, il m’a semblé approprié cette fois-ci de le faire figurer en tête. En deux phrases, Paul Krugman, Prix Nobel d’économie 2008 et à certains égards l’un des plus importants économistes de notre temps, a bien résumé ce que l’on peut considérer comme l’échec d’une époque, tant sur le plan de la pensée économique que sur celui de la politique économique. Lire la suite

Catastroïka – Documentaire Infowar

« Les créateurs du Debtocracy , le documentaire vu par plus de 2 millions de spectateurs, reviennent avec une nouvelle production. CATASTROÏKA cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.

Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROÏKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s΄applique à un pays sous surveillance économique… » Fondation Copernic


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Philippe Marlière – La social-démocratie face à la crise de la zone euro

Interview à paraître dans la revue Synchrona Themata (Grèce) en juin 2012. Numéro spécial consacré à la social-démocratie face à la crise de la zone euro.

Synchrona Themata  :  Depuis les années 1990, l’introduction de l’Union économique et monétaire européenne liée à une discipline monétaire et budgétaire strictement «orthodoxe», a imposé de fortes contraintes sur les politiques économiques et sociales chères à la social-démocratie européenne. Les sociaux-démocrates en Europe ont même pris le risque de rompre de façon permanente avec le noyau ouvrier de leur électorat. Comment expliquez-vous cela? Croyez-vous qu’il y avait une voie différente pour les sociaux-démocrates? Lire la suite

Hélène Frédérick – Derrière l’endettement étudiant

Un important conflit fait rage au Québec, qui a pour origine une hausse de 75 % des frais de scolarité universitaire. On connaît par cœur le discours justifiant ce type de mesure, aux Amériques, en zone euro ou ailleurs: c’est la crise, l’heure est à l’austérité, plus tard, plus tard, la remise en question de notre modèle économique, car le temps presse, la dette des États maintient plusieurs pays au bord du gouffre, on suit à en perdre haleine les aléas du moral des marchés, plus insondable mais, probablement, aussi fragile que le moral des ménages. On a demandé aux États d’opérer le sauvetage des banques, et de ce fait, encore une fois on privatise les gains, on nationalise les pertes. Les budgets adoptés sous la contrainte d’autres États craintifs de voir l’économie sombrer, invoquant le principe de responsabilité, commandent aux citoyens de faire leur «juste part», de se serrer la ceinture, d’en faire un peu plus. Ainsi, période d’austérité oblige, en mars 2011, sous l’autorité d’un gouvernement soupçonné de corruption reconduit de justesse, le ministère des Finances du Québec déposait son budget : afin de régler la délicate question du financement universitaire, celui-ci prévoyait de hausser les frais de scolarité de 325$ par an pendant cinq ans, à partir de l’automne 2012. Lire la suite

Bernard Schwengler – La dette des uns est le patrimoine des autres

Il est relativement courant de pointer du doigt la permanence des déficits publics français depuis trois décennies et l’ampleur de la dette publique qui en résulte. Il est moins fréquent d’aborder cette question du point de vue des excédents et créances privés qui en constituent la contrepartie.

En effet, la contrepartie de la dette publique réside dans l’existence d’une créance privée d’un montant rigoureusement équivalent. De 1981 à 2010 en France, le montant des déficits publics a été équivalent à la capacité de financement (différence entre le revenu et les dépenses) des ménages, soit 3,4 % du produit intérieur brut (PIB) en moyenne annuelle, alors que le besoin de financement des sociétés représentait environ 1 % du PIB. Lire la suite

Vicky Skoumbi – En Grèce, la théorie des deux extrêmes

Les résultats des élections en Grèce ont été présentés par certains médias français comme une montée des partis situés aux deux extrémités de l’échiquier politique. Des partis qui bien qu’équidistants constitueraient par leur discours un «front du refus» à l’Europe. Cet amalgame ahurissant entre l’Aube Dorée – un parti néonazi dont plusieurs membres sont en attente de jugement pour agressions criminelles – et Syriza – la coalition de gauche radicale – semble plus qu’une simple erreur d’appréciation, de jugement ou de terminologie. Désigner Syriza comme un «pendant gauchiste» de L’Aube Dorée est à la fois un acte de délégitimation politique et d’occultation de la vision pro-européenne qui est la sienne. Mais c’est également une tentative d’étouffer, en la minorant, l’irruption sur le devant de la scène politique grecque d’une gauche décidée et engagée, à mille lieux de la soi-disant gauche du Pasok et de ses réformes néolibérales. En fait, Syriza, loin de constituer une menace pour la démocratie et l’Europe, s’attaque, de plein fouet, à leur évidente subordination au système financier. Lire la suite

Edwy Plenel – Nous sommes tous des Grecs

En Grèce se joue l’avenir commun des peuples européens : non seulement celui de nos économies, mais celui de nos démocraties. Les Grecs ne sont pas responsables d’une crise produite par l’aveuglement d’une Europe ayant abandonné la politique pour la finance. Si la solidarité avec le peuple grec s’impose, c’est parce qu’elle est la condition préalable d’un changement véritable. La guerre d’Espagne fut l’épreuve européenne du Front populaire, la crise grecque est celle de la présidence Hollande. Lire la suite