P. Krugman et R. Layard – Manifeste pour le retour à la raison économique

Plus de quatre ans après le début de la crise financière, les économies les plus avancées restent profondément déprimées, dans un contexte qui rappelle hélas trop les années 1930.

La raison en est simple : nous suivons les mêmes idées qui ont inspiré les politiques des années 1930. Ces idées, qui ont été invalidées depuis longtemps, reposent sur des erreurs d’analyse profondes, tant sur les causes de la crise que sur sa nature, ainsi que sur la réponse qu’il serait approprié de lui apporter.

Ces erreurs ont pris profondément racine dans l’opinion publique et elles servent d’appui pour justifier, dans de nombreux pays, une austérité excessive dans la conduite des politiques budgétaires. Il est temps de publier un manifeste dans lequel des économistes sérieux exposent au grand public une analyse plus solidement étayée de nos problèmes. Lire la suite

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Michel Feher – L’économie de la xénophobie

Le réveil tardif des modérés de la droite ne doit pas faire illusion : même si le résultat des élections législatives semble leur ouvrir une petite fenêtre d’opportunité, on voit mal comment l’UMP pourrait fonder son projet de reconquête sur un programme dont l’attachement à la rigueur budgétaire et le combat contre l’assistanat seraient les seules composantes. Faut-il rappeler que la campagne de Nicolas Sarkozy, qui reprenait à son compte les priorités de Marine Le Pen, n’a guère empêché l’électorat conservateur de voter pour lui ? A-t-on oublié les enquêtes d’opinion qui signalent qu’une part considérable des sympathisants de l’ancienne majorité souhaite la formation d’une alliance avec le Front national ? N’est-ce pas pour hâter une pareille recomposition de la droite que tant d’électeurs frontistes refusent de reporter leurs voix sur les candidats d’un parti dont les instances dirigeantes rechignent encore à la formaliser ? Bref, en dépit des remords exprimés par les nostalgiques de la droite d’avant Sarkozy, il est à craindre qu’en cas de désaveu d’une présidence «normale» insuffisamment audacieuse, l’alternance à venir permette à une coalition bleue-brune de s’imposer. Lire la suite

Chris Hedges – Northern Light

I gave a talk last week at Canada’s Wilfrid Laurier University to the Congress of the Humanities and Social Sciences. Many in the audience had pinned small red squares of felt to their clothing. The carre rouge, or red square, has become the Canadian symbol of revolt. It comes from the French phrase carrement dans le rouge, or “squarely in the red,” referring to those crushed by debt. Lire la suite

Hélène Frédérick – Derrière l’endettement étudiant

Un important conflit fait rage au Québec, qui a pour origine une hausse de 75 % des frais de scolarité universitaire. On connaît par cœur le discours justifiant ce type de mesure, aux Amériques, en zone euro ou ailleurs: c’est la crise, l’heure est à l’austérité, plus tard, plus tard, la remise en question de notre modèle économique, car le temps presse, la dette des États maintient plusieurs pays au bord du gouffre, on suit à en perdre haleine les aléas du moral des marchés, plus insondable mais, probablement, aussi fragile que le moral des ménages. On a demandé aux États d’opérer le sauvetage des banques, et de ce fait, encore une fois on privatise les gains, on nationalise les pertes. Les budgets adoptés sous la contrainte d’autres États craintifs de voir l’économie sombrer, invoquant le principe de responsabilité, commandent aux citoyens de faire leur «juste part», de se serrer la ceinture, d’en faire un peu plus. Ainsi, période d’austérité oblige, en mars 2011, sous l’autorité d’un gouvernement soupçonné de corruption reconduit de justesse, le ministère des Finances du Québec déposait son budget : afin de régler la délicate question du financement universitaire, celui-ci prévoyait de hausser les frais de scolarité de 325$ par an pendant cinq ans, à partir de l’automne 2012. Lire la suite

Bernard Schwengler – La dette des uns est le patrimoine des autres

Il est relativement courant de pointer du doigt la permanence des déficits publics français depuis trois décennies et l’ampleur de la dette publique qui en résulte. Il est moins fréquent d’aborder cette question du point de vue des excédents et créances privés qui en constituent la contrepartie.

En effet, la contrepartie de la dette publique réside dans l’existence d’une créance privée d’un montant rigoureusement équivalent. De 1981 à 2010 en France, le montant des déficits publics a été équivalent à la capacité de financement (différence entre le revenu et les dépenses) des ménages, soit 3,4 % du produit intérieur brut (PIB) en moyenne annuelle, alors que le besoin de financement des sociétés représentait environ 1 % du PIB. Lire la suite

Gordon Lefebvre et Eric Martin – L’acte fondateur de l’âge barbare

 

Pour une première fois, nous prenons la plume au Québec en craignant que cela ne puisse entraîner des représailles à notre endroit. Malgré cela, il existe des choses qu’il faut dire et écrire lorsque des crises significatives éclatent qui risquent d’ébranler les fondements mêmes de la démocratie. Depuis le début du conflit étudiant, le gouvernement présente l’augmentation des droits de scolarité comme une décision purement budgétaire qui relèverait du bon sens et de la saine administration. Or, malgré son aspect comptable à première vue, il s’agit dans les faits d’une décision proprement politique, laquelle participe d’un projet néolibéral de transformation du rapport que la jeunesse entretient avec le savoir, les institutions et la société en général. Lire la suite

Paul Krugman : We Could End This Depression Right Now

The central message of Paul Krugman’s new book, End This Depression Now! is simple: It doesn’t have to be like this. No external dynamic is keeping unemployment at more than 8 percent and consigning a generation of young workers to an economy in which risk is plentiful and opportunities scarce. It is only a failure of political will — and an almost universal embrace of conservative voodoo economics – that is keeping us mired in this dark economic moment.

Of the 2009 stimulus, Krugman writes, “Those who had more or less the right ideas about what the economy needed, including President Obama, were timid, never willing either to acknowledge just how much action was required or to admit later on that what they did in the first round was inadequate.” Instead of treating the dismal jobs picture as a crisis requiring their full attention, Washington “pivoted” to talking about the deficit – a phantom menace — at precisely the wrong time. “People with the wrong ideas,” Krugman writes, “were vehement and untroubled by self-doubt.”

This week, Paul Krugman appeared on the AlterNet Radio Hour to discuss his book. Below is a lightly edited transcript of the conversation (you can listen to the entire show here): Lire la suite