Noam Chomsky – Sur le suicide économique de l’Amérique

LF : Nous allons commencer par un panorama. Comment décririez-vous la situation où nous nous trouvons, historiquement ?

NC : il y a soit une crise soit un retour à la norme d’une stagnation. Un point de vue veut que la norme soit la stagnation et que parfois on en sorte. L’autre veut que la norme soit la croissance et que parfois on puisse entrer en stagnation. On peut débattre cette question, mais la période veut que l’on soit près de la stagnation mondiale. En l’état des principales économies capitalistes, les États-Unis et l’Europe, c’est la croissance basse et la stagnation, avec une différenciation du revenu très forte dans un changement — un changement stupéfiant — de la production à la « financiérisation ».

Les États-Unis et l’Europe se suicident de différentes manières. En Europe, c’est l’austérité au cœur de la récession, c’est ce qui a garanti la catastrophe. Il y a une certaine résistance en ce moment. Aux États-Unis, c’est essentiellement la production délocalisée et la financiérisation, et se débarrasser de la population superflue en l’incarcérant. Lire la suite

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Noam Chomsky – If We Want a Chance at a Decent Future, the Movement Here and Around the World Must Grow

Préambule : Dans la lumière, plutôt que dans l’ombre, de l’historien Howard Zinn récemment décédé, Noam Chomsky re-situe le Occupy Movement dans l’histoire américaine des luttes. Durant la crise des années 30 aux USA, il y avait un puissant mouvement ouvrier organisé. Les médias de l’époque ne rendirent compte que des actions les plus … « effrayantes » (actes de sabotage, assassinats, …) et tinrent sous silence les expériences d’auto-organisation et d’occupation. Ce mouvement devait déboucher sur le New Deal et la croissance de l’après-guerre qui parvint à être à la fois très puissante et moins inégalitaire. Avant le tournant des années 70, les banques jouaient seulement leur rôle de banque ou d’intermédiation financière. Lire la suite