Serge Halimi – Fédéralisme à marche forcée

Les grandes catastrophes encouragent les croyants les plus fervents à redoubler aussitôt de piété. Ainsi des fédéralistes européens : refusant de concevoir qu’on puisse un jour tourner le dos aux politiques d’intégration — monétaire, budgétaire, commerciale — qui ont aggravé la crise économique, ils souhaitent au contraire renforcer l’autorité de ceux qui les ont mises en œuvre. Les sommets européens, les pactes de stabilité, les mécanismes disciplinaires n’ont rien arrangé ? C’est, répondent invariablement nos dévots, parce qu’ils n’ont pas été assez loin : pour eux, toute réussite s’explique par l’Europe, et tout échec par le manque d’Europe (1). Cette foi du charbonnier les aide à dormir à poings fermés et à faire de jolis rêves. Lire la suite

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Philippe Marlière – La social-démocratie face à la crise de la zone euro

Interview à paraître dans la revue Synchrona Themata (Grèce) en juin 2012. Numéro spécial consacré à la social-démocratie face à la crise de la zone euro.

Synchrona Themata  :  Depuis les années 1990, l’introduction de l’Union économique et monétaire européenne liée à une discipline monétaire et budgétaire strictement «orthodoxe», a imposé de fortes contraintes sur les politiques économiques et sociales chères à la social-démocratie européenne. Les sociaux-démocrates en Europe ont même pris le risque de rompre de façon permanente avec le noyau ouvrier de leur électorat. Comment expliquez-vous cela? Croyez-vous qu’il y avait une voie différente pour les sociaux-démocrates? Lire la suite

Edwy Plenel – Nous sommes tous des Grecs

En Grèce se joue l’avenir commun des peuples européens : non seulement celui de nos économies, mais celui de nos démocraties. Les Grecs ne sont pas responsables d’une crise produite par l’aveuglement d’une Europe ayant abandonné la politique pour la finance. Si la solidarité avec le peuple grec s’impose, c’est parce qu’elle est la condition préalable d’un changement véritable. La guerre d’Espagne fut l’épreuve européenne du Front populaire, la crise grecque est celle de la présidence Hollande. Lire la suite

Amartya Sen – The Crisis of European Democracy

If proof were needed of the maxim that the road to hell is paved with good intentions, the economic crisis in Europe provides it. The worthy but narrow intentions of the European Union’s policy makers have been inadequate for a sound European economy and have produced instead a world of misery, chaos and confusion.

There are two reasons for this. Lire la suite

Diana Johnstone – The French Chose a New “President”; Will the Eurocrats Let Him Do Anything?


The choice of François Hollande over Nicolas Sarkozy was an extreme case of the lesser of two evils.   Seldom has a winning candidate inspired so little enthusiasm.  Considering how unpopular Sarkozy was, according to polls, the final vote of 51.6% for Hollande to 48.4% for Sarkozy was surprisingly close. Voting for the bland and inoffensive Hollande was finally the only way to get rid of the agitated Sarkozy, aggressively pretending to be President of France.

There is no more real President of France.  The leader who is elected to occupy the Elysée Palace no longer lays down the policy direction to be taken by the nation. That role has been largely taken over by the European Union Commission in Brussels. Lire la suite

Paul Krugman – Those Revolting Europeans: How Dare the French and Greeks Reject a Failed Strategy!

 « Les Français se révoltent. Les Grecs aussi. Et il était temps »

 Le prix Nobel d’économie Paul Krugman analyse dans un éditorial du New York Times les résultats de ce dimanche électoral en Europe : « Les Français se révoltent. Les Grecs aussi. Et il était temps. » L’économiste américain voit en effet dans les votes grecs et français le signe clair que « la stratégie qui consiste à opter pour l’austérité prend fin, et ceci est une bonne chose. » Lire la suite

Jean-Marie Harribey – En mi mineur : Entendez-vous dans la campagne?

La plupart des commentateurs de la campagne présidentielle ont dit qu’elle fut fade, inintéressante et ne posant pas les vrais problèmes. En particulier, il fut de bon ton de déplorer que l’écologie fut absente. Et tous les bien-pensants du productivisme ou de la relance de la croissance de rivaliser dans le versement de larmes de crocodile. Même parmi nos amis. Jusqu’à expliquer le faible score d’Eva Joly au premier tour par le fait qu’elle aurait peu porté le message de l’écologie. De même, l’emploi, le chômage, le travail, la répartition des revenus auraient été délaissés. Donc écologie et social auraient été abandonnés en rase… campagne. On a même entendu certains candidats de droite (notamment Sarkozy et Bayrou) accuser tous les candidats de gauche d’ignorer la crise, sans qu’aucun journaliste n’esquisse la question : « Quelle crise ? La vôtre ? Celle du système dont vous êtes l’apôtre et dont vous voulez assurer la pérennité ? » Ces diagnostics sont faux et ils révèlent tous les impensés des auteurs de ces commentaires. Lire la suite