Noam Chomsky – Plutonomy and the Precariat

Quelques extraits du dernier livre de Noam Chomsky — Occupy — proposés sur TomDispastch.com.

The Occupy movement has been an extremely exciting development. Unprecedented, in fact. There’s never been anything like it that I can think of. If the bonds and associations it has established can be sustained through a long, dark period ahead — because victory won’t come quickly — it could prove a significant moment in American history.

The fact that the Occupy movement is unprecedented is quite appropriate. After all, it’s an unprecedented era and has been so since the 1970s, which marked a major turning point in American history. For centuries, since the country began, it had been a developing society, and not always in very pretty ways. That’s another story, but the general progress was toward wealth, industrialization, development, and hope. There was a pretty constant expectation that it was going to go on like this. That was true even in very dark times. Lire la suite

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André Orléan « C’est le marché qui gouverne »

 

La politique ne se fait pas à la corbeille », lançait le général de Gaulle le 28 octobre 1966 quand la Bourse plongeait, après avoir exagérément monté, en 1962. L’économiste André Orléan, directeur de recherche au CNRS, rappelle cette formule pour montrer, dans un entretien au Monde, que le pouvoir politique est aujourd’hui assujetti aux décisions des marchés financiers. De la même façon, il trouve « disproportionné » l’affolement qui a suivi la dégradation de la note de la France par l’agence de notation Standard & Poor’s.

André Orléan, 61 ans, vient de recevoir le prestigieux prix Paul-Ricoeur pour son ouvrage L’Empire de la valeur. Refonder l’économie (Seuil, 2011). Il déploie dans ce livre une critique de fond des économistes « néoclassiques », qui veulent faire croire à l' »objectivité » des valeurs financières, quand lui décrit un système subjectif. Pour éviter les fausses évaluations, les crises et les krachs cycliques, mais aussi les politiques de rigueur imposées aux populations, André Orléan affirme qu’il faut repenser la notion de valeur, en comprendre les limites, redonner sa force au pouvoir politique.

C’est pour s’atteler à cette réflexion qu’André Orléan préside l’Association française d’économie politique (AFEP), qui milite pour le pluralisme dans l’enseignement et la recherche en économie. Il est aussi un des quatre signataires du Manifeste d’économistes atterrés (éd. Les liens qui libèrent, 2010), qui remettent en cause la politique de l’Union européenne dans le traitement de la dette souveraine. Le quatuor vient de publier aussi Changer d’économie ! Nos propositions pour 2012 (éd. Les liens qui libèrent). Lire la suite

Romain Rancière – Réforme bancaire, l’exemple britannique

En juin 2010, le gouvernement britannique met en place une commission indépendante, présidée par sir John Vickers, en charge de faire des propositions ambitieuses pour réformer le système bancaire. L’objectif est de protéger les banques contre le risque et les conséquences d’une crise financière et d’améliorer le financement de l’économie anglaise. En septembre 2011, le rapport Vickers rend ses recommandations centrées autour d’une idée forte : le ring fencing, un principe de contingentement des risques financiers fondé sur une division nette au sein des groupes bancaires entre les activités de banque commerciale et les activités de banque d’investissement. Il préconise également un accroissement de la concurrence dans le système bancaire pour des raisons à la fois prudentielles et d’efficacité économique. Lire la suite

Jean Marie Harribey – Crise de la dette ou dette de la crise ?

Il est certain que Georges Papandréou se serait épargné l’humiliation que lui ont fait subir de manière honteuse Merkel et Sarkozy s’il avait soumis à référendum les plans d’austérité il y a deux ans et non pas en catastrophe maintenant. Et surtout il aurait peut-être épargné à son peuple nombre de désagréments. Pour ce qui concerne Merkel et Sarkozy, leur arrogance de puissants en dit long sur leur cynisme et leur mépris de la démocratie. Il faut bien ça pour éviter d’avoir à reconnaître que ce sont les politiques néolibérales qui ont mené à la crise, la Grèce n’ayant finalement fait qu’appliquer jusqu’au bout le précepte en vogue partout : faire reculer l’impôt à tout prix, surtout celui des riches, de telle sorte que ceux-ci puissent prêter aux États, et amorcer ainsi l’engrenage de la dette.

La monnaie et la dette sont au cœur de l’extraordinaire crise que connaît le capitalisme mondial depuis plus de quatre ans. La finance ayant pris le pouvoir avec la bénédiction de tous les gouvernements pour imposer la « valeur pour l’actionnaire », les classes dominantes ont cru trouver la parade à la crise de suraccumulation du capital (tous les secteurs productifs sont en surcapacité de production), d’une part en développant une gigantesque spirale spéculative, d’autre part en palliant la stagnation des salaires par l’endettement. La catastrophe ne pouvait que survenir : partie du secteur de l’immobilier aux États-Unis, elle a gagné le secteur bancaire et financier, puis toute l’économie qui est entrée en récession ou stagnation, provoquant ainsi un accroissement des déficits publics. L’Union européenne et la zone euro, qui devaient être des remparts, ont été des bombes à retardement.

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