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Un peu avant la fin des années 80, fut décrétée la Fin de l’Histoire, entraînant dans son sillage, celle des Idéologies. Au moment où l’Histoire rebroussait chemin, cette « so-called » fin des Idéologies signifia simplement qu’il était temps d’en changer pour devenir acteur d’une régression sociale sans précédent.

Pragmatisme vs effort de pensée, affirmation d’une post-modernité alors même que nous étions loin d’avoir épuisé la modernité, prétendue nouveauté radicale du moment rendant obsolètes nos outils et une mémoire expérimentale, tout fut bon pour induire ici, un puissant désarmement théorique et là, la production d’une idéologie dominante qui, en l’absence d’altérité théorique, en devint « naturelle » ou « non-idéologique ». De manière homogène, le politique a été simultanément réduit, et ce, jusqu’à la nausée, à … des « coups discursifs gagnants » dans le monde sémantiquement fou (ou orwellien) des communicants.

Chômage massif, misère sociale, économie en berne. Monde désenchanté, non du fait de la mort de Dieu, mais de l’impossibilité radicale dans laquelle tout projet collectif émancipateur a été plongé par la guerre de tous contre tous. Monde défait par la destruction systématique du tissu social et que des instincts grégaires tentent de retisser en d’archaïques patchworks identitaires et dialectaux.

Mais rien n’y fait. Le propre de la bêtise est d’insister. Avec le T.I.N.A  — There is no alternative — sans cesse réitéré des partis de gouvernement de l’Occident, depuis Tatcher et Reagan, le néo-libéralisme est devenu, en trois décennies, l’horizon plus borné qu’indépassable, des politiciens de droite et de gauche. 

Aujourd’hui, une régression sociale pluri-décennale — qui ne date pas du chômage des cadres ou des soucis des classes moyennes — et les contradictions qu’elle développe, en sont à ce point, qu’ici et là, les peuples ré-investissent les rues, que la pensée critique retrouve des espaces d’expression.

L’Histoire ne se remet pas, à proprement parler, en route, comme l’a prétendu Alain Badiou. Simplement, parvenue à un autre point de basculement, elle bégaie à nouveau. Poursuite de la régression et catastrophes humaines à venir ou nouvelle progression historique, la direction qu’elle prendra, dépend des rapports de force qui pourront être créés par la conjonction de toutes les forces d’opposition au néo-libéralisme, dans le cadre d’un nouveau pacte social.

Le 03.11.2011

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