Paul Jorion – Candidats, encore un effort pour refonder le capitalisme !

 

II y a trois ans et demi, dans son discours de Toulon, M. Sarkozy, président de la République française et aujourd’hui candidat à sa réélection, expliquait ce qu’il convenait de faire pour sauver nos systèmes économique et financier : refonder le capitalisme.

Le plan proposé était cohérent mais, dans le contexte d’effondrement généralisé d’alors, loin d’être véritablement radical : il y avait encore, dans cette proposition de « refondation » du capitalisme, un relent d’optimisme.

Qu’en est-il advenu ? Rien : c’est à Toulon qu’elle a été évoquée et c’est là aussi qu’il en a été question pour la dernière fois. Est-elle présente dans la campagne présidentielle ? On en trouvait des éléments épars dans le programme des candidats numéros trois et quatre dans les sondages de la semaine dernière, mais rien dans celui des deux candidats qui caracolaient en tête.

Serait-ce que l’économie et la finance ont connu une telle embellie depuis l’automne 2008 que ce projet refondateur a perdu de son actualité ? La question prête à sourire. Lire la suite

Publicités

Bruno Amable – Les marchés font-ils peur à la gauche ?

L’essentiel est de poser les bonnes questions. Savoir si «la gauche» (ne soyons pas trop exigeants sur la définition) fait peur aux «marchés» est certes intéressant.

La réponse est visiblement «non». Les marchés ont largement anticipé la victoire de François not dangerous Hollande le 6 mai et passé Nicolas Sarkozy par pertes et profits comme en témoignent les articles très négatifs, tant sur lui-même que sur son bilan, qui n’ont cessé de paraître dans la presse spécialisée anglo-saxonne. L’hebdomadaire The Economist, qui avait beaucoup espéré après sa victoire en 2007, s’est lancé dans le Sarkozy bashing dès septembre 2010, reprochant au président français de n’être pas allé assez loin dans sa réforme des retraites et la flexibilisation du marché du travail. Bref, l’impatience du monde des affaires à l’égard du manque de réformes structurelles néolibérales s’est peu à peu transformée en mépris. Lire la suite

Chris Hedges – The globalization of hollow politics

I went to Lille in northern France a few days before the first round of the French presidential election to attend a rally held by the socialist candidate François Holland. It was a depressing experience. Thunderous music pulsated through the ugly and poorly heated Zenith convention hall a few blocks from the city center. The rhetoric was as empty and cliché-driven as an American campaign event. Words like “destiny,” “progress” and “change” were thrown about by Holland, who looks like an accountant and made oratorical flourishes and frenetic arm gestures that seemed calculated to evoke the last socialist French president, François Mitterrand. There was the singing of “La Marseillaise” when it was over. There was a lot of red, white and blue, the colors of the French flag. There was the final shout of “Vive la France.” I could, with a few alterations, have been at a football rally in Amarillo, Texas. I had hoped for a little more gravitas. But as the French cultural critic Guy Debord astutely grasped, politics, even allegedly radical politics, has become a hollow spectacle. Quel dommage. Lire la suite

José Fontaine – La France est une part de l’espérance humaine (Québec)

Avant d’en venir aux élections présidentielles françaises de demain – et surtout aux résultats de Mélenchon – , je dois parler d’une rencontre, celle de la Secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la Pauvreté, déjà interviewée en 2006, Christine Mahy.. Cet organisme est parfois invité au moins à des réunions de bureau du Conseil économique wallon qui réunit les représentants des patrons, des syndicats, des indépendants et des agriculteurs. Dans l’interview qu’elle m’a donnée (et qui sera publiée la semaine prochaine), Christine me donne les raisons qu’elle a de penser que les pauvres sont des personnes privées durablement de certains éléments importants sans lesquels la vie humaine devient un enfer (la possibilité de se déplacer, de l’espace, un emploi, un domicile ou du moins un toit, l’accès à une certaine culture, un certain savoir etc.). En être privé affaiblit à un tel point qu’il faut y suppléer par des efforts considérables en vue de garder le minimum de dignité humaine. C’est à quoi s’emploient les pauvres qui sont plutôt moins « assistés » que les entreprises, que les riches, que même le Wallon moyen. Cette énergie extraordinaire, cette résistance, au lieu d’être gâchée dans le cadre étriqué du combat pour la survie quotidienne, gagnerait à pouvoir être utilisée au bénéfice de la collectivité wallonne qui tente de se restaurer sur les ruines d’industries aujourd’hui dépassées. « Les pauvres sont des battants », me dit-elle encore. Lire la suite

Pierre Gouin – La fin du progrès social ? (Québec)

Préambule : Entre les résultats sportifs, l’évolution du CAC 40, la météo, l’annulation des concerts américains de Charles Aznavour, le crime d’un jeune « Gothique », le surplace fébrile de la communauté internationale dans le drame syrien, il ne reste apriori, guère d’espace pour traiter d’autres sujets d’information. Et pourtant, il s’agit moins de la question un peu recuite de l' »objectivité » ou de celle du choix des sujets traités. La question n’est même pas tant celle de l’invasion des journaux par les « faits divers » que celle de la trans-substantation de toute information, quelle que soit sa nature, en « fait divers ». Les nouvelles du monde sont vidées de tout contenu analytique. Dans leur équivalence généralisée, plus rien ne permet d’établir les liens et d’élaborer une vision ou une pensée du monde, plus rien ne permet de les hiérarchiser. Devenues également « faits divers », les informations saturent l’espace médiatique, dans un empilement dément. Dans l’impossibilité pratique à traiter une telle profusion, une information chasse l’autre, et les passions tristes sont appelées à la rescousse pour attirer un chaland désabusé. L’endogamie de la presse nationale et internationale n’arrange rien. Lire la suite

Philippe Marlière – Jean-Luc Mélenchon’s policies are no far-left fantasy

No wonder the Left Front candidate is on the rise in France. He offers practical solutions where neoliberalism has failed.

Superbly ignored by the media until recently, Jean-Luc Mélenchon is the new flavour of the day in the French presidential campaign. In truth, while trying to account for his dramatic rise in the polls – latest reports put him at 17% of the vote – most commentators could not help pour scorn on the Left Front candidate. Lire la suite

Mark Weisbrot – Jean-Luc Mélenchon has what France needs. Sarkozy and Hollande do not