José Fontaine – La France est une part de l’espérance humaine (Québec)

Avant d’en venir aux élections présidentielles françaises de demain – et surtout aux résultats de Mélenchon – , je dois parler d’une rencontre, celle de la Secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la Pauvreté, déjà interviewée en 2006, Christine Mahy.. Cet organisme est parfois invité au moins à des réunions de bureau du Conseil économique wallon qui réunit les représentants des patrons, des syndicats, des indépendants et des agriculteurs. Dans l’interview qu’elle m’a donnée (et qui sera publiée la semaine prochaine), Christine me donne les raisons qu’elle a de penser que les pauvres sont des personnes privées durablement de certains éléments importants sans lesquels la vie humaine devient un enfer (la possibilité de se déplacer, de l’espace, un emploi, un domicile ou du moins un toit, l’accès à une certaine culture, un certain savoir etc.). En être privé affaiblit à un tel point qu’il faut y suppléer par des efforts considérables en vue de garder le minimum de dignité humaine. C’est à quoi s’emploient les pauvres qui sont plutôt moins « assistés » que les entreprises, que les riches, que même le Wallon moyen. Cette énergie extraordinaire, cette résistance, au lieu d’être gâchée dans le cadre étriqué du combat pour la survie quotidienne, gagnerait à pouvoir être utilisée au bénéfice de la collectivité wallonne qui tente de se restaurer sur les ruines d’industries aujourd’hui dépassées. « Les pauvres sont des battants », me dit-elle encore. Lire la suite

Pierre Gouin – La fin du progrès social ? (Québec)

Préambule : Entre les résultats sportifs, l’évolution du CAC 40, la météo, l’annulation des concerts américains de Charles Aznavour, le crime d’un jeune « Gothique », le surplace fébrile de la communauté internationale dans le drame syrien, il ne reste apriori, guère d’espace pour traiter d’autres sujets d’information. Et pourtant, il s’agit moins de la question un peu recuite de l' »objectivité » ou de celle du choix des sujets traités. La question n’est même pas tant celle de l’invasion des journaux par les « faits divers » que celle de la trans-substantation de toute information, quelle que soit sa nature, en « fait divers ». Les nouvelles du monde sont vidées de tout contenu analytique. Dans leur équivalence généralisée, plus rien ne permet d’établir les liens et d’élaborer une vision ou une pensée du monde, plus rien ne permet de les hiérarchiser. Devenues également « faits divers », les informations saturent l’espace médiatique, dans un empilement dément. Dans l’impossibilité pratique à traiter une telle profusion, une information chasse l’autre, et les passions tristes sont appelées à la rescousse pour attirer un chaland désabusé. L’endogamie de la presse nationale et internationale n’arrange rien. Lire la suite