Etienne Penissat – Statistique et fabrique d’un discours d’Etat : les chômeurs « fraudeurs »

Dans cet article, Etienne Penissat, chargé de recherches au CNRS, membre du CERAPS  (Université Lille 2) s’intéresse à une catégorie souvent mobilisée lors de la campagne présidentielle, celle des chômeurs «fraudeurs», qui choisiraient délibérément de ne pas travailler. Dévoiler les usages stratégiques du chiffre par les politiques (et notamment le Président-candidat) et les mécanismes de calcul des statistiques utilisées lors de la campagne permet de remettre en question certaines des figures convoquées comme arguments dans le débat public  pour justifier des choix collectifs. Cette approche ouvre des pistes pour redéfinir le problème du traitement public du chômage à l’aide de chiffres alternatifs. Lire la suite

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Mathias Reymond – Les éditocrates contre Jean-Luc Mélenchon

Préambule : Celui qui pourrait devenir l’ex-président de la France et qui ne cesse de séduire une frange — une fange ? — de l’extrême-droite, considère que les partisans de Mélenchon sont « jaloux et haineux ». Jaloux de quoi ? De son goût pour la syntaxe ? De sa culture ? De son addiction au pouvoir et au fric ? De la vacuité qu’elle rend manifeste ? Quand à la haine, il est des éditorialistes, comme en témoigne cette recension de Mathias Reymond, qui ne donnent pas leur part…  aux chiens. Que l’on ne s’y trompe pas, avec les formes certes, cela vaut bien au-delà de ces éditorialistes et bien au-delà de la droite. Bourdieu l’expliquait, la doxa n’est pas tant ce que l’on s’accorde à dire que ce que l’on s’accorde à ne pas dire. Ainsi, les caricatures haineuses, les simplifications outrancières  dont peut être l’objet Mélenchon, pourraient  tenir moins à une forme — son discours « vindicatif » — qu’à un fond : le Front de Gauche brise une omerta pluri-décennale. Jm BA. Lire la suite

Liza Fabbian – En Europe, la vague Mélenchon intrigue et séduit

Préambule : Lorsque la prestigieuse France-Culture souhaite prendre de la « distance » par rapport aux débats hexagonaux, elle recourt dans ses émissions d’information à la revue de la presse étrangère ou elle invite des correspondants de journaux étrangers à Paris. Une revue de presse étrangère ne raconte rien d’autre que ce qu’il est possible de lire dans les éditoriaux ou dans les articles économiques du Monde ou de Libération. Le correspondant à Paris du Corriere della Serra ou celui du Der Spiegel peuvent en toute quiétude, évoquer l' »indigence » de l’actuelle campagne électorale ou le « ridicule » d’une proposition du Parti Socialiste visant à taxer certains hauts revenus. Aucune fausse note,  aucun contre-point, les discours sont rodés comme dans un entre-soi indestructible. Nous sommes dans la partie internationale du cercle de raison qui depuis trois décennies s’applique à déconstruire l’Occident. Lire la suite

Jérôme Leroy – Mélenchon ? Un roman noir

Je n’ai pas toujours eu envie d’écrire du roman noir. Au commencement, j’avais plutôt une nature heureuse, rêveuse, presque indolente et j’aimais, j’aime toujours d’ailleurs, des écrivains qui n’allaient pas dans le sens de l’engagement familial. Un engagement qui se partageait entre communistes, socialistes et chrétiens de gauche. Oui, dans ma bibliothèque, il y avait Aragon et Vailland, les surréalistes mais aussi Toulet, Morand et Nimier. D’une certaine manière, le style pour moi excusait tout, la littérature me semblait une sorte de zone franche où l’on pouvait n’avoir comme loi que le goût et les affinités électives. Lire la suite