Marc Crépon – Le calcul de ceux qui disent parler au nom du peuple

Le score saisissant (17,9%) obtenu par Marine Le Pen, à l’issue du premier tour de la présidentielle, confirme la séduction qu’exerce la rhétorique populiste des partis d’extrême droite sur un électorat dont l’inquiétude et la peur n’ont cessé d’être instrumentalisées depuis plusieurs années par le parti au pouvoir. Il est le résultat d’une confusion assumée, entre la droite et l’extrême droite, dont il convient de mesurer le jeu et la portée redoutable. Lire la suite

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Jacob Remes – May Day’s Radical History: What Occupy Is Fighting for This May 1st

American general strikes—or rather, American calls for general strikes, like the one Occupy Los Angeles issued last December that has been endorsed by over 150 general assemblies—are tinged with nostalgia.

The last real general strike in this country, which is to say, the last general strike that shut down a city, was in Oakland, California in 1946—though journalist John Nichols has suggested that what we saw in Madison, Wisconsin last year was a sort of general strike. When we call a general strike, or talk of one, we refer not to a current mode of organizing; we refer back, implicitly or explicitly, to some of the most militant moments in American working-class history. People posting on the Occupy strike blog How I Strike have suggested that next week’s May Day is highly symbolic. As we think about and develop new ways of “general striking,” we also reconnect with a past we’ve mostly forgotten. Lire la suite

Jm Ben Adeb – Le vote des ploucs et les hollow politics

Les Gautherets sont une ancienne cité minière située dans la périphérie de Montceau les Mines, en Saône et Loire. Il y a une trentaine d’années, si un vélo disparaissait, il était de retour un jour ou deux après. Si des enfants s’amusaient sur la chaussée ou étaient excessivement bruyants, il y avait un voisin pour les rappeler à l’ordre. L’un d’entre eux, contremaitre mineur à la retraite, exprima son désarroi : on venait de lui voler dans son jardin, des haricots arrivés à maturité. Les incivilités se propagent par vagues. A une génération d’adolescents, en succède une autre, sans que le degré de gravité ne progresse réellement. Autrefois, des jeunes du quartier utilisaient un panneau de basket dans la cour de l’école. Aujourd’hui, les bénéficiaires des anciens logements d’instituteurs ferment un portail dérisoire et font la chasse à tous ceux qui pénètrent dans cet espace «public». Même, à deux amoureux venus s’abriter des intempéries sous un escalier. Lire la suite

Olivier Ferrand – Les voies progressistes pour repousser le « lepénisme »

Préambule : Durant la campagne pour le 1ier tour, ceux qui, y compris avec le soutien d’un Paul Krugman, dénoncèrent les politiques d’austérité menées en Europe, furent exclus du « cercle de la raison », et à l’occasion, qualifiés de « populistes ». Or, n’entendez-vous point mugir ces jours-ci, en Europe, des appels de dirigeants européens de plus en plus nombreux en faveur d’un « pacte de croissance contraignant » qui devrait accompagner la « règle d’or » budgétaire ? Nous retrouvons le même retournement ou pour le moins, le même « enrichissement » discursif chez les « experts » de Terra Nova. Lire la suite

François Ruffin – Les graines de l’espoir

Depuis bien longtemps, j’en suis convaincu : nous avons à refaire, en sens inverse, le chemin parcouru par les néo-libéraux dans l’après-guerre.
Eux étaient marginalisés, alors. Même la droite américaine est convertie au keynésianisme. Une poignée d’intellectuels, autour de Hayek, reprend le flambeau. Leur pensée conquiert des universités, des journaux, s’implante chez les Républicains.
En 1964, pour la première fois, c’est un adepte du libéralisme, Barry Goldwater, qui représente ce parti à la présidentielle aux Etats-Unis. Une formidable campagne est alors menée (j’emprunte ici au Grand Bond en arrière, de Serge Halimi) : Lire la suite

Jean-Fabien Spitz – L’Etat social et la mondialisation

La plupart des commentateurs sont d’accord sur un constat : le mouvement contre la réforme des retraites est le signe de la réticence de la société française à accepter les effets de la mondialisation. Quels sont ces effets ? La protection sociale coûte cher et pèse sur la compétitivité des entreprises et, en clair, cela signifie que le fait que les salariés français bénéficient de retraites décentes, d’une éducation gratuite et d’un accès aux soins qui le demeure en principe également, entre dans les coûts des biens et des services produits en France et qui, de ce fait, ne peuvent rivaliser sur les marchés avec des produits et des services venant de pays dont la protection sociale est inexistante. La seule solution serait donc de couper dans les dépenses sociales, de réduire les déficits publics qu’elles entraînent, et de restaurer par ces moyens douloureux mais indispensables la compétitivité de notre pays sur le marché mondial. Ce raisonnement est simple et les dirigeants de la droite française ne comprennent pas qu’il y ait encore des égarés pour ne pas en admettre la pertinence et pour défendre des « acquis sociaux » dont le coût entraîne sans cesse plus notre pays vers le bas. Lire la suite

Paul Krugman – The new voodoo

Every time I think we might be making progress against the prejudices and myths that pass for judicious thinking these days, something like this editorial in the FT comes along to renew my despair.

The editorial is a response to the latest bad UK economic news, which it says offers no reason at all to reconsider austerity policies. Here’s the substantive argument, in full: Lire la suite