Charles Reeve – Occupy. Cette agaçante interruption du « business as usual »

Les révoltes du printemps arabe ont fait tomber des gouvernements autocratiques, remplacés dans la foulée par des régimes de démocratie parlementaire, dans lesquels les classes dirigeantes ont pu préserver leur pouvoir — confirmant, une fois de plus, la nature commune de ces deux formes de gouvernement des pauvres. Le mouvement des Indignés, lui, propose une critique des systèmes représentatifs. Et cette critique est maintenant reprise et développée, outre-Atlantique, par le mouvement Occupy. Que ces questions soient posées dans la société constituant la clé de voûte du système capitaliste est en soi d’une grande importance.

Chez les Indignés espagnols, les débats se sont centrés, au début, sur la critique de la démocratie représentative, dénoncée comme imparfaite par la tendance majoritaire, comme un leurre par la frange plus radicale. Aux États-Unis, où la sphère politique est davantage perçue comme séparée de la vie sociale, lesOccupiers ont assez peu discuté du fonctionnement du système politique, visant dès le début une remise en question des fondements inégalitaires du système économique, identifiés comme la cause des croissantes injustices sociales et de la destruction du monde (homme et nature) en cours. En opposant les 99 % aux 1 %, ils ont d’emblée touché du doigt la fausse égalité formelle qui est à la base de la démocratie représentative. Lire la suite