Evolution du taux de croissance du PIB

Voici deux  graphiques proposés par Olivier Berruyer.

Les politiques keynésiennes — véritable substrat d’une réelle social-démocratie — avaient autorisé non seulement des taux de croissance de plus de 4% mais également un puissant développement socio-économique. Un peu avant ou après le milieu des années 70, elles sont abandonnées au profit des politiques monétaristes — Raymond Barre, en 1976 —. Celles-ci auront pour conséquences, des taux de croissance ridiculement bas, un chômage massif et une régression sociale.

Les « chocs pétroliers » des années 70 ou comme le disent certains marxistes, la nécessité de « rétablir les taux de profit » seraient à l’origine de changements plus ou moins radicaux de politiques économiques. Mais c’est oublier que les fondements de la Révolution Conservatrice sont posés dès les lendemains de la 2° Guerre Mondiale, en 1947, par la Société du Mont Pèlerin, autour du philosophe et économiste, Frederic Hayek et que ces thèses trouveront d’importants relais dans des structures regroupant politiques, banquiers et entrepreneurs telles que la Commission Trilatérale dont Raymond Barre était membre.

L’objectif n’est pas vraiment de « rétablir les taux de profit » dans économies occidentales caricaturées comme « collectivistes ». Il s’agit d’initier une nouvelle répartition de la richesse produite au profit du capital et cela, sur deux fronts : celui du rapport salarial et celui de la richesse socialisée. Sur le premier, il y a eu de très fortes augmentations de la productivité du travail résultant entre autres, de techniques d’encadrement qui pourront devenir caricaturales et une relative stagnation ou baisse du coût social de la reproduction de la force de travail. Sur le second, le démantèlement de la protection sociale doit ouvrir de nouveaux de nouveaux champs — santé, retraite — de réalisation au capital.

Contrairement à ce que nous serions naturellement amenés à penser, les tenants du capitalisme sauvage sont les premiers « décroissants ». Ils ne sont en aucune façon intéressés par une richesse abondante qui viendrait nourrir un développement social — crèches, écoles, hôpitaux, infrastructures ferroviaires, … —. Seule leur importe la part de la richesse produite qui peut être détournée ou vampirisée à leur profit, et cette part n’est pas directement ou seulement dépendante des niveaux de croissance économique. La relative indépendance de ce pillage par rapport à un niveau de croissance sape peu à peu les conditions réelles de l’économie. Dans cette perspective d’un capitalisme sauvage, la thèse de Marx selon laquelle le capitalisme pourrait crever de ses propres contradictions, pourrait être validée … dans la catastrophe.

Dans cette relative décroissance ou croissance molle, l’augmentation du nombre d’actifs — travail féminin complétant ou suppléant un travail masculin et donc nécessairement moins cher, plus précaire — et celle de la productivité, ont néanmoins eu pour résultat, une France aujourd’hui deux fois plus riche qu’à la fin des années 60. Dans ces années là, ou dans une France bien plus démunie, l’Etat, dans le cadre de plans quinquennaux, relançait la demande intérieure à tout-va — collèges, campus universitaires, CHU, — construisait des groupes à dimensions internationales, …. et l’Etat social se développait.


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